Le gap entre les valeurs des dirigeants et les actions environnementales des PME : le rôle des attitudes et des motivations
Résumé
Cet article examine comment les valeurs des dirigeants influencent l’adoption de pratiques pro-environnementales dans les petites et moyennes entreprises (PME) du Québec, dans un contexte d’urgence écologique. En s’appuyant sur les travaux de Homer et Kahle (1988) ainsi que de Schwartz (1992), l’étude explore la manière dont les valeurs personnelles des dirigeants orientent les actions environnementales de leur entreprise. Les résultats montrent que les valeurs de dépassement de soi, telles que l’altruisme et le biosphérisme, exercent un effet positif direct sur les pratiques environnementales, notamment par le biais des attitudes et des motivations. À l’inverse, les valeurs centrées sur soi, comme l’égoïsme ou l’hédonisme, n’ont pas d’impact direct, mais peuvent être modulées par des motivations externes. L’étude met en lumière un paradoxe intéressant : des convictions environnementales profondes semblent atténuer l’effet des motivations sur l’action. D’un point de vue théorique, elle contribue à une meilleure compréhension du « gap valeurs–actions », en montrant comment les attitudes et les motivations interagissent de manière parfois contre-intuitive. Sur le plan pratique, elle suggère de diversifier les leviers d’action : recourir à des incitations économiques pour les dirigeants animés par des valeurs centrées sur soi, et mettre en avant l’impact sociétal pour ceux qui valorisent le dépassement de soi.
Mots clés
Gap Valeurs–Actions, Attitudes, Motivations, Pratiques environnementales, PME
