Le gap entre les valeurs des dirigeants et les actions environnementales des PME : le rôle des attitudes et des motivations


  • Marie Romuald POUKA POUKA
    Enseignant et chercheur, LAREDEPED de l’Université du Québec à Trois-Rivières, 3351, boul. des Forges, Trois-Rivières, Canada, G8Z 4M3, marie.romuald.pouka.pouka@uqtr.ca
  • François LABELLE
    Professeur titulaire de stratégie et de responsabilité sociale des entreprises, Université du Québec à Trois-Rivières, 3351, boul. des Forges, Trois-Rivières, Canada, G8Z 4M3, francois.labelle@uqtr.ca
  • Rahma CHOUCHANE
     Professeure en entrepreneuriat et gestion des PME, Université Laval, 445, boul. de l'Université, Rouyn-Noranda, Canada, J9X 5E4, rahma.chouchane@fsa.ulaval.ca 
  • François L’ÉCUYER
    Professeur au département des sciences comptables, Université du Québec à Trois-Rivières, 1225 Rue Saint-Charles O. Longueuil, J4H 0B9, Canada, G8Z 4M3, francois.lecuyer@uqtr.ca

Résumé

Cet article examine comment les valeurs des dirigeants influencent l’adoption de pratiques pro-environnementales dans les petites et moyennes entreprises (PME) du Québec, dans un contexte d’urgence écologique. En s’appuyant sur les travaux de Homer et Kahle (1988) ainsi que de Schwartz (1992), l’étude explore la manière dont les valeurs personnelles des dirigeants orientent les actions environnementales de leur entreprise. Les résultats montrent que les valeurs de dépassement de soi, telles que l’altruisme et le biosphérisme, exercent un effet positif direct sur les pratiques environnementales, notamment par le biais des attitudes et des motivations. À l’inverse, les valeurs centrées sur soi, comme l’égoïsme ou l’hédonisme, n’ont pas d’impact direct, mais peuvent être modulées par des motivations externes. L’étude met en lumière un paradoxe intéressant : des convictions environnementales profondes semblent atténuer l’effet des motivations sur l’action. D’un point de vue théorique, elle contribue à une meilleure compréhension du « gap valeurs–actions », en montrant comment les attitudes et les motivations interagissent de manière parfois contre-intuitive. Sur le plan pratique, elle suggère de diversifier les leviers d’action : recourir à des incitations économiques pour les dirigeants animés par des valeurs centrées sur soi, et mettre en avant l’impact sociétal pour ceux qui valorisent le dépassement de soi.

Mots clés

Gap Valeurs–Actions, Attitudes, Motivations, Pratiques environnementales, PME

Biographie de-s l'auteur-e(s)

Marie Romuald Pouka Pouka est enseignant et chercheur au LAREDEPED de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Docteur en administration (DBA), ses travaux portent sur l’accompagnement entrepreneurial et la performance des PME. Il a publié dans plusieurs revues dont Journal of Global Entrepreneurship.

François Labelle, Ph.D est professeur titulaire de stratégie et de responsabilité sociale des entreprises à l’UQTR, chercheur à l'Institut de recherche sur les PME (InRPME). Il est fondateur du site de veille scientifique Vigie-PME au sujet du développement durable en contexte de PME et de la Boussole de la Durabilité (www.vigiepme.ca). Ses travaux sont publiés dans plusieurs revues francophones, dont Revue de l’Organisation Responsable, la Revue Internationale PME, Entreprises et histoire. 

Rahma Chouchane est professeure en entrepreneuriat et gestion des PME à l'Université Laval. Docteure en administration des affaires (Ph.D), ses travaux portent sur l'innovation et l'intrapreneuriat. Elle a publié dans des revues internationales dont Journal of Small Business Management.

François L’Écuyer est professeur au département des sciences comptables de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Ses travaux portent sur l’intégration de nouvelles approches méthodologiques en sciences sociales. Docteur en administration (DBA), il a publié ses recherches dans plusieurs revues internationales, dont Employee Relations, Industrial Management & Data Systems, Journal of Small Business Management.