Cygnes noirs et entrepreneurs ordinaires : reconnaissance institutionnelle et pluralité des trajectoires dans l’entrepreneuriat étudiant


  • Anaïs HAMELIN 
    Professeur, Université de Strasbourg, LaRGE, 7 rue de l’Ecarlate, CS 20024, 67082 Strasbourg Cedex, ORCID : 0000-0001-6530-5487, Anais.hamelin@unistra.fr
  • Sébastien MICHON
    Directeur de recherche, Université Strasbourg, UMR SAGE, MISHA, 5 allée du Général Rouvillois CS 50008, 67083 Strasbourg Cedex, France, ORCID : 0000-0002-9097-9894, sebastien.michon@cnrs.fr 

Résumé

Cet article interroge les dynamiques associées aux politiques publiques de soutien à l’entrepreneuriat étudiant en France, à partir d’une comparaison des données SINE de l’INSEE entre 2006 et 2018. Il met en évidence une tension: bien que la part des étudiants parmi les créateurs d’entreprise ait significativement augmenté, une majorité d’entre eux ne mobilisent pas les dispositifs d’aide disponibles. L’étude souligne une orientation des politiques publiques, centrée sur des figures idéalisées (innovantes, ambitieuses, diplômées) au détriment de profils plus ordinaires. Ces « entrepreneurs du quotidien », souvent engagés dans des professions de santé ou réglementées, restent invisibilisés par les critères implicites de légitimité. En adoptant une perspective critique et réflexive, la recherche interroge les mécanismes institutionnels de reconnaissance et d’exclusion susceptibles d’être associés à l’action publique. Elle plaide pour un accompagnement plus inclusif, capable de reconnaître la pluralité des trajectoires et des formes d’entrepreneuriat étudiant, au-delà du modèle dominant de la start-up.

Mots clés

Étudiant créateur d’entreprise, Politiques publiques d’accompagnement, Non-recours, Entrepreneuriat inclusif, Perspective critique

Biographie de-s l'auteur-e(s)

Anaïs Hamelin est Professeur. Ses travaux portent sur le financement et la croissance des PME et la finance d’entreprise entrepreneuriale.

Sébastien Michon est sociologue, directeur de recherche au CNRS au laboratoire SAGE à l'Université de Strasbourg. Ses recherches portent sur la sociologie des jeunes entrepreneurs, le personnel politique et les revolving doors.