Cygnes noirs et entrepreneurs ordinaires : reconnaissance institutionnelle et pluralité des trajectoires dans l’entrepreneuriat étudiant
Résumé
Cet article interroge les dynamiques associées aux politiques publiques de soutien à l’entrepreneuriat étudiant en France, à partir d’une comparaison des données SINE de l’INSEE entre 2006 et 2018. Il met en évidence une tension: bien que la part des étudiants parmi les créateurs d’entreprise ait significativement augmenté, une majorité d’entre eux ne mobilisent pas les dispositifs d’aide disponibles. L’étude souligne une orientation des politiques publiques, centrée sur des figures idéalisées (innovantes, ambitieuses, diplômées) au détriment de profils plus ordinaires. Ces « entrepreneurs du quotidien », souvent engagés dans des professions de santé ou réglementées, restent invisibilisés par les critères implicites de légitimité. En adoptant une perspective critique et réflexive, la recherche interroge les mécanismes institutionnels de reconnaissance et d’exclusion susceptibles d’être associés à l’action publique. Elle plaide pour un accompagnement plus inclusif, capable de reconnaître la pluralité des trajectoires et des formes d’entrepreneuriat étudiant, au-delà du modèle dominant de la start-up.
Mots clés
Étudiant créateur d’entreprise, Politiques publiques d’accompagnement, Non-recours, Entrepreneuriat inclusif, Perspective critique
